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Agression, viol et mariage !

13 Dec 2016 12:31

Un pays « avant-gardiste » en matière d’égalité des sexes mais une énième agression sexuelle qui fait polémique pour finir aux oubliettes, rappelez-vous de l'épisode de l'émission Andi Mankollek, où Ala Chabbi avait demandé à son ivitée, violée plus d'une fois par ces proches, de s'excuser ! Preuve que la culture du viol a de beaux jours devant elle !

Aujourd’hui, dans la région du Kef, une jeune fille de 13 ans, enceinte depuis trois mois a épousé son agresseur et ce, malgré le refus catégorique de la déléguée de la Protection de L’Enfance du Kef. Une tragédie.

La loi serait-elle en train d’excuser les violences sexuelles ? La justice serait-elle en train d’offrir une disculpation aux violeurs ? Oui, à en croire l’article 227 bis du code pénal en tout cas :

« Est puni d’emprisonnement pendant six ans, celui qui fait subir sans violences, l’acte sexuel à un enfant de sexe féminin âgé de moins de quinze ans accomplis.
La peine est de cinq ans d’emprisonnement si l’âge de la victime est supérieur à quinze ans et inférieur à vingt ans accomplis.
La tentative est punissable.
Le mariage du coupable avec la victime dans les deux cas prévus par le présent article arrête les poursuites ou les effets de la condamnation »

On récompense donc le violeur en le mariant à sa victime ! Et comme le législateur n’est pas assez généreux, il l’autorise à continuer de la violer dans le cadre du mariage en toute impunité. Inutile de vous faire un dessin, si le contrat de mariage est signé, l’acte sexuel  est considéré comme « consenti » et le violeur devient un mari affectueux. C’est beau l’amour.

Vous avez certainement remarqué aussi que les notions juridiques du « viol » ou « agression sexuelle »  ne sont pas expressément citées ni définies d’ailleurs, dans l’article.  Comment alors qualifier un crime qui n’est même pas mentionné par le législateur surtout que le non-consentement de la victime semble facultatif ? C’est donc tout naturellement que l’article 227 implique une victime et un agresseur, une personne qui inflige et une personne qui subit ! Doit-on rappeler qu’il n’existe pas de victime consentante ? Il semblerait que oui.

Toujours est-il qu’en 2017 en Tunisie, il existe encore des parents qui sont couverts de honte quant au viol de leur fille. Des parents, qui préfèrent marier leur enfant au risque de devenir la risée du voisinage. Des parents qui pensent que personne ne voudra plus de leur fille parce qu’elle n’est plus vierge. Des parents qui considèrent l’article 227 comme étant une solution pour sauver l’honneur de la famille et pour éviter que leur enfant ne devienne vieille-fille.

 

Eya Cherif 
Source images:google images;source article:code pénal tunisien







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