Terroristes : le retour à la maison
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Terroristes : le retour à la maison

08 Dec 2016 19:48

Effervescence sur tous les médias et sujets de tous les débats, les djihadistes annoncent leur retour imminent. Après la reconquête d'Alep, "La guerre n'est pas finie" a dit Bachar Al Assad et ce, malgré les appels aux cessez-le-feu par la France et les Etats-Unis, mais aussi par l'Allemagne, l'Italie, le Royaume-Uni et le Canada.

Bachar Al Assad semble déterminé à exterminer le moindre djihadiste qui foule encore le sol de son pays et nos valeureux assassins en terre syrienne n'ont plus d'autre choix que celui de retourner au bercail s'ils ne veulent pas finir en pièces détachées dans les geôles du pays qu'ils pensaient conquérir. Plus de paradis qui tienne, sauve qui peut!

Leur retour sur le sol tunisien, après des années de violences, de meurtres, de drogues, de lavages de cerveaux et de débauches sexuels, constitue sans aucun doute une véritable menace pour le pays sur le plan sécuritaire et sanitaire.

Pouvons-nous les empêcher de revenir dans leur pays ? Non ! La Constitution, dans son article 25, interdit de déchoir de sa nationalité tunisienne tout citoyen, de l’exiler, de l’extrader ou de l’empêcher de retourner dans son pays.

Mieux encore, la loi interdit la double peine. Si ces terroristes ont été jugés devant une cour syrienne, la justice tunisienne ne serait pas autorisée à les juger une deuxième fois.

Nous devons donc les accueillir mais qu'implique leur retour au pays et quels dispositifs sécuritaires et sanitaires, prévoit-on pour leur arrivée ?

A l'heure actuelle, nous peinons à maîtriser les foyers terroristes qui infestent en grand nombre notre pays et la frontière avec la Lybie est une véritable passoire pour les djihadistes clandestins que nous avons toujours beaucoup de mal à intercepter et qui viennent bien sûr renforcer les effectifs déjà existants. Alors Quid de ces nouveaux arrivants ?

On parle de les placer sous résidence surveillée, dispose-t-on de suffisamment de moyens techniques et d'effectifs pour assurer cette tache ?

On parle de les mettre en prison (ceux qui n'ont pas déjà été jugés) mais nos établissements pénitentiaires sont déjà surchargés et l'on sait pertinemment que des poches extrémistes les gangrènent.

N'oublions pas que nous avons un triste record : celui du 1er pays exportateur de djihadistes.

Alors que faire de ces personnes endoctrinées et aguerris aux combats, devenues de véritables machines à tuer ?

La déradicalisation est un long processus et la haine, certainement encore vivace et entretenue par des années d'endoctrinement a toutes les chances de se retourner contre nous et de menacer la paix, encore si fragile, en Tunisie.

En 2014 un rapport sanitaire a livré un chiffre effrayant selon lequel 70% des djihadistes sont atteints par une MST et parmi eux 30% par le VIH. Quels sont les chiffres aujourd'hui? Encore plus catastrophiques, certainement.

Par ailleurs, on estime qu'à peu près 100 jeunes femmes parmi les plus de 700 parties en Syrie pour satisfaire les besoins sexuels des djihadistes, sous couvert de "Djihad El nikah" leur promettant le paradis, seraient revenues au pays pratiquement toutes enceintes ou malades.

Espérons que toutes les mesures de sécurité seront mises en œuvre pour protéger la population, l’intégrité de notre territoire et la stabilité de nos institutions publiques.

Le danger est réel.

 

Férida Ben Ammar





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